2 - écrire comme je rame

Publié le 12 Septembre 2016

2

Écrire oui mais pour raconter quoi ? Qui y a-t-il de plus stérile qu’une bouche qui bouge, qui bavarde pour ne rien dire ? La mélodie qui revient. Un air de déjà vu.

Écrire pour dire merde ? Écrire pour relâcher la pression ? Écrire pour se sentir vivant, je pense. Écrire pour aller à contre courant ou se persuader que je suis à contre courant ?

Écrire comme je rame. Écrire comme je milite. Écrire comme j’aime. Écrire comme je lis. Écrire comme je vis. Écrire comme je marche. Écrire comme je me cherche ? Écrire pour souffler.

Aujourd’hui, c’était l’Aïd-el-Kébir. Beaucoup d’absent.es. Le babtou – comme on m’a dit il y a deux mois – débarque ailleurs. Dans ce qu’ils appellent l’école de la République. A chaque fois que je traverse la cours, je ne peux cesser de penser que je me trouve dans les rouages de l’école de la ghettoïsation – sans italique.

Les élèves sont noir.es, basané.es. Je ne connaissais pas la moitié des prénoms des adolescent.es en face de moi. Le prof est blanc. Je m’appelle Mathieu. La France, 2016.

A se demander, mais qu’est-ce qu’ils attendent pour foutre le feu… ? Je les aiderai. Sans hésiter.

Rédigé par Mathieu C

Publié dans #Dépenser des pensées

Repost 0
Commenter cet article

Mathieu Cohen 15/09/2016 21:41

Je ne sais pas si nous pouvons tellement juger. Cela fait longtemps que je ne suis plus à la page en terme de rap, par exemple. Bien que c'est vrai, nous pouvons admettre que le niveau s'est effondré. Ou bien que les bons ne sont plus médiatisés comme l'était IAM, NTM ou Assassin.

Nous pouvons malheureusement faire la supposition que la religion a repris du dessus ces dernières années. Hypothèse.

Martin G. 13/09/2016 13:57

Malheureusement j'ai l'impression que la référence dans la banlieue d'aujourd'hui c'est plus Maitre Gim's qu'NTM. Et Maitre Gim's , c'est ça :

Passe avant minuit
Je vais t'faire vivre un dream
Avance sur la piste
Les yeux sont rivés sur toi
Les habits qui brillent tels Les Mille Et Une Nuits
Paris est vraiment mal, mal, mal, mal

Loin de moi l'idée d’interpréter les désirs des quartiers populaires à partir d'une chanson de Maître Gim's, mais franchement n'y aurait il pas une pénurie de revendication en banlieue ?