Publié le 31 Octobre 2016

Ma petite sœur, L., m’accueille avec un grand sourire. Je dois vraiment avoir l’air du mec qui a passé une grosse soirée. Son sourire est narquois. En fond musical, Brigitte Fontaine. Je me suis toujours dit que l’éducation sonore de nos parents nous perdra. Je crois entendre une histoire d’éléphant dans la douche et de nougat. Des fois, j’ai parfois aussi l'impression désagréable de me balader dans une chanson de Brigitte Fontaine.

Nous discutons cinq minutes et alors que je lui montre l’objet, on sonne à la porte. Je planque la chose. Ma sœur ouvre. Deux flics nous sourient. Coïncidence ? Difficile à croire. Il se présente à nous poliment. Ils sont à la recherche d’informations.

En effet, la rumeur dit que durant la soirée d’hier soir, un homme noir d’une soixantaine d’année aurait échangé un 9 mm – « plus précisément un Magnum 347 » précise le plus petit des deux avec un sourire dont j’ai du mal à cerner la signification – lors d’un pari stupide. « Il était manifestement ivre » rajoute le plus gros des deux. Il ne sourit pas. Il l’aurait donné à un homme blanc d’une trentaine d’années. Contre un téléphone portable lambda de marque Nokia. « Sauriez-vous des choses à ce sujet ? La soirée se déroulait à deux rues d’ici ».

Stupeurs. Les souvenirs reviennent. La soirée, c'était chez moi. Stupeurs et tremblements maitrisés. Je tâte ma poche. Plus de téléphone. Comment vais-je pouvoir raconter tout cela à C., maintenant ?

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 31 Octobre 2016

Après la première gorgée de bière, je sens quelque chose de froid dans le bas du dos. Je passe la main sous ma veste et tâte. Je sens alors, ce genre d’autre chose, que l’on ne voit que dans les films. Un calibre flambant neuf. Aurais-je trop écouté de hip-hop américain hier soir ? Suis-je en train de me rejouer un clip dans le Bronx ? Mais non, nous sommes bien dans le 93. Un coin du 93 bien tranquille. Où la seule préoccupation du maire est de refuser l’accès aux écoles des enfants roms.

Je me redresse alors un peu gêné. Un flingue dans ma ceinture. Cela est un message. Il va probablement m’arriver quelque chose. Je vais bien devoir m’en servir. Sinon à quoi bon tout ce blabla. Mais contre qui ? Là, mon imagination part dans tous les sens. Déteste-je tant de personnes ? Après vingt minutes de divagation, de têtes à abattre qui défilent, je reviens à la réalité. Que dois-je faire ?

Je règle, me lève et commence à traverser le cours Garibaldi. Ma démarche n’est pas des plus naturelles. Deux solutions. Soit les gens vont penser que j’ai passé la nuit dans des positions non catholiques. Soit ils vont comprendre que j’ai un pistolet qui me dérange, me démange. J’opte pour la première voie.

Le casque à nouveau sur les oreilles, les mélodies de Mr. Oizo relance mes pensées débordantes. Que vais-je bien pouvoir faire de cet instrument ? Je ne suis même pas capable de dire s’il est chargé ou pas. Peut-être n’est-ce qu’un jouet, une arme factice. J’aurais l’air bête quand il s’agira de dézinguer le méchant de l’histoire. Tant que celui-ci n’est pas du niveau du pneu tueur dans Rubber. Cette idée me paraissant absurde, je peux enfin me rassurer.

Passons donc chez ma sœur, lui raconter cette drôle d’aventure.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 31 Octobre 2016

Tout commença un dimanche matin. La gueule enfarinée. J’ai trop bu de Chimay la veille, ce n’est pas possible. La platine tourne encore. Indéfiniment. Je retourne le disque. C’est du Mr. Oizo. Pour se réveiller, je me pose alors la question s’il n’y a pas mieux. Une clope a fini de se consumer dans le cendrier depuis plusieurs heures.

Il est maintenant 11h. La face du disque a fini de tourner depuis bien trois-quarts d’heure mais je n’ai pas trouvé la volonté pour changer le son, tout du moins arrêter le mécanisme. Je me lève difficilement. Sur la table basse, des copies avec des courbes de fonctions. A noter : ne rien corriger après deux bières, le stylo rouge ça ne s’efface pas si facilement.

Une douche. Un tee-shirt propre. Me voilà dans la rue. Le casque sur les oreilles. Ne pas faire de transition trop violente entre une soirée musicale de qualité et les bruits de la ville. Une fois sous les halls du marché de Saint-Ouen, je peux enfin stopper la musique. Des bruits, des sons familiers. Une saine animation. Celle autour de la bouffe. Ça donne envie de tout acheter. Poulet rôti. Epices d’Orient. Fruits et légumes, excellents mais peu chers. C’est à se demander du pourquoi du comment de la création des supermarchés. Ce genre de questions me fout le cafard.

Il vaut mieux se poser en terrasse. Le classique : un café pour remettre les choses en marche, suivi d’une bière pour vraiment commencer cette pause dominicale. Là, vous pensez probablement que je vais vous emmerder avec l’histoire d’un connard de bobo parisien. Promis, je souhaite faire autre chose.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 30 Octobre 2016

21

La tempête n’aura pas lieu. La valse des enragé.es non plus. Nous continuerons à voguer tranquillement sur le fleuve.

Au loin, les bruits de la misère. Au loin, le continent africain. Les mains devant les yeux, sur les oreilles. Elles ne savent plus où donner de la tête. Siècle du mutisme. Mon produit à la pomme me suffit.

Pour oublier tout cela, une ou deux Chimay bleue à Liège feront l’affaire.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 23 Octobre 2016

20

Je balise au Belize, résigné comme Madame de Sévigné… blablabla.

On s’engage puis on enrage, puis on encaisse. Et puis alors ? Qu’est ce que cela change. Que l’on nous accorde au moins 5 minutes pour comprendre, saisir ce qui fait mal. Merde, accord ne veut pas dire passage crème. Le droit de s’abrutir. De prendre le truc. Et de le recracher deux heures après. Sous quelle forme, peu importe. Mais qu’il soit recraché !

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 22 Octobre 2016

19

J’ai aussi envie de créer, de faire bouger,

Je ne me gêne pas, mets les pieds dans le plat,

Et à mon tour, lève le stylo sans détour.

 

Cela pour une bonne raison, car au fond

Qui a envie de mourir sans avoir vu de révolution ?

Qui a envie de dire au-revoir sans avoir vécu l’Histoire ?

 

Nous traversons des décennies sans goût,

Nous subissons jusqu’au bout,

Les grands, les gros, ceux qui tiennent le micro.

 

Certains auront leur place dans les poubelles de l’Histoire,

Nous auront la nôtre dans les oubliettes guère notoires,

Si nous restons stoïque face à l’archaïque.

 

Alors levons-nous, avant d’avoir le cœur lourd,

Il est encore temps de lever un autre jour.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 18 Octobre 2016

18

Se lever en se disant qu’aujourd’hui tout est possible. Croiser une ou deux centaine(s) de personnes. Un sourire est parfois une victoire à Paris. Mais ça arrive.

Râler sur ses élèves. Leur dire que c’est la dernière fois, tout en pensant que j’ai encore quarante ans de dernière fois devant moi. Le penser avec envie.

Rentrer chez soi. Balancer une galette. Puis la face B. Le deuxième disque. Et ainsi de suite. Laisser trainer ses doigts sur le disque. Se rappeler qu’un jour tenter mixer était un objectif.

Appeler sa belle. L’entendre rire.

Prendre la plume – ou le clavier – sans trop comprendre où aller. Mais avoir envie d’y aller. Les murs sont faits pour être démolis. L’inconnu.e est fait.e pour être découvert.e.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 14 Octobre 2016

17

Je suis tout à fait capable de parler d'autre chose que de lutte de classe ou d'amour.

Quoi de mieux qu'une clope qui se consume, qu'un vieux vinyle des Pink Floyd ramené de Munich qui craque, qu'un picon bière au gout amer et d'une après-midi à ne strictement rien foutre. A emmerder le reste de la Terre qui continue à tourner. Sans nous. Se lever, changer la face. Vider le cendrier. Retourner dans le canapé. Rallumer une clope. Il est 17h. Mais qu'importe. Hier, j'ai découvert le dernier album des Scratch Bandits Crew. Je pense à aller à acheter la galette. Mais pas maintenant. Maintenant, je ne fais rien. Je gonfle mes poumons. Je me rince le gosier. Amer. Pour la suite, Alain Bashung devrait grandement faire l'affaire.

Les soirs où je suis mélancolique, je devrais plus souvent écouter le vieux best-of de Léo Ferré que m'ont offert mes parents pour mes 18 ans. Il a une voix à te réconcilier avec le passé et toi-même.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 14 Octobre 2016

16

Premier mai. Les choses commencent mal. Nous sommes un dimanche. Il pleut. Les drapeaux rouges ne sont plus légions depuis un moment.

Je me souviens des 1er Mai rassemblant plus de monde. Mais les gens ont besoin de voir l'extrême droite à leur porte (2002) ou Sarkozy gesticuler pour se bouger. C'était avant 2012. Toutes cette gauche caviar, tous ces mous de la révolution qui gueulent de temps en temps pour se donner une posture.

Aujourd'hui, 2017, le combat politique n'intéresse plus. Il y en a à la pelle pourtant, des belles idées. Des idées belles. Des envies de changement. De renversement. La classe laborieuse qui prend le dessus. La fin de l'oppression. Des oppressions qui tombent. Mais non.

Alors Bas les cœurs, oublions les lendemains qui chantent, baissons la tête et contentons-nous de ce que l'on nous propose. Vouloir autre chose serait trop con, bordel.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 8 Octobre 2016

15

Un billet (billé) pour les compatriotes qui parlent le bordeluche. Une discussion comme une autre dans le centre de Bordeaux.

- Ça daille. J’ai gavé la dalle.

- Anki ! tu as vu comment il m’a snobé ?

- Tu ne m’écoutes pas en fait. Je vais prendre la quinte.

- Tu feras attention, tu as les cheveux qui quillent.

- …

 

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Rédigé par Mathieu C

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