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Publié le 19 Février 2017

Ce blog sommeille. Signe que les choses vont bien ? On me disait, il y a peu, que je n’écrivais que dans les moments compliqués. C’est une quasi-certitude. Mais j’avais envie de réveiller un peu la bête. Alors je reprends et clos ma critique de l’album d’Akhenaton commencée il y a près de deux mois.

Nous voilà sur la troisième galette qui s’ouvre sur un intermède 361 degrés de musique orientale. Ce titre avait été enlevé pour la réédition en 1997 et pourtant il fait partie intégrante de cet album. Une sorte de pause qui nous amène au milieu de la pochette de l’album suivant Sol Invictus.

Le titre qui arrive ensuite est Dirigé vers l’Est dans lequel Chill évoque sa conversion à l’islam de manière poétique jusqu’à dire dans le refrain Que les pouvoirs de Dieu se manifestent. Ce que j’ai toujours apprécié chez ce rappeur, c’est sa manière non prosélyte et très personnelle dont il rappe sa conversion dans quelques uns de ces titres.

Je suis peut-être… est un égotrip inversé où Akhenaton se démolit tout seul, comme un grand. Ce titre est bien en dessous des autres mais sa légèreté est appréciée à sa juste valeur. Il est suivi de la première version de Bad Boys de Marseille dont l’instru est moins entrainant que le tube. On y retrouve les – alors – minots de la Fonky Family. On y entend notamment Chill affirmer qu’il fait le zguègue en espadrille. Promis, si je le croise un jour, je lui demanderai de me montrer.

Nous arrivons sur la dernière face avec trois derniers titres. Prométhée est une véritable ode lyrique à ce personnage de la mythologie grecque qui commence ainsi Au début il y avait la terre, la mer et le ciel Des forêts verdoyantes et des rivières de miel. Il y a métaphore entre ce fameux Prométhée qui partit faire la guerre à Dieu armé de son arc et beaucoup d’hommes d’aujourd’hui. Dont probablement un fameux politique ex-dirigeant du FN (Ils nomment ça un détail et exploitation de l’aveugle par le borgne). Se pose alors la question Pourquoi tirer des flèches dans le ciel de Babel ?

Le titre Un brin de haine est des plus sombres écrits par le rappeur, assez proche de la face B Murder de la même période. C’est l’histoire de Stéphane et de son père qui va le chercher au poste la nuit, et qui fait un braquage avec son ami Hicham. Son père, baignant dans la haine anti immigré, rejette la faute sur ce sale arabe. Le titre finit dans le sang.

L’album se termine sur Je combats avec mes démons, l’un de mes titres préférés. Très personnel, il parle de sa construction dans sa jeunesse, de toutes les questions métaphysiques qu’il se posait alors, évoque à nouveau sa conversion. Enfant déjà, mon esprit était en scission.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 13 Janvier 2017

Je devais bosser sur des algorithmes pour les gamins de Seconde mais voilà que je tombe sur le dernier skeud d’IAM intitulé sobrement 2017 (à écouter ici). Titre annonceur du nouvel album qui sortira le 3 mars prochain.

La pépite s’écoule sur 2min28 mais seul le titre est sobre ! L’intro de Monsieur Dj Khéops est monstrueuse. Un rythme très funky. Un retour très rapide sur l’histoire du groupe. Les mecs sont des monuments avant de s’arrêter donc ne peuvent faire autrement que de s’auto-sampler.

Puis arrive Akhenaton avec un flow dingue : Je suis l’enfant de Mars qui a porté allégeance au rap. Pur, dur, et au mic on bâtit sa légende. Tout est dit, 2017 est lancé ! Ils n’ont que des petits guns et moi j’ai tout un arsenal. Les bases sont posées. Shurik’N prend la suite et ce n’est pas plus léger. Bien que je le trouve un peu en dessous. Observe bien le blason qui se pointe à l’horizon... IAM !

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 19 Décembre 2016

Je me replonge dans cet album qui a maintenant près de 22 ans. Ça fait un peu mal au moral même si l'idée me plait. Je me suis toujours construit sur les disques qui ont jalonnés ma vie. Je pourrais passer des heures devant ma discographie, sortir les boitiers/pochettes un(e) à un(e), relier chacun des albums à des étapes, et réécrire ce que j'ai traversé. Mais je m'éloigne du sujet du billet.

Je passe donc au second vinyle qui s'ouvre avec Eclater un type des assédic précédé de Assedic: 3 heures du matin qui rappelle les nombreux intermèdes un peu barrés de Ombre est Lumière. Ce titre a une histoire. Akhenaton raconte comment il galère pour toucher ses indemnités chômages et comment cela le pousse à avoir envie d'en découdre. Le Premier ministre de l'époque, Juppé, avait crié au scandale et cela - si je ne me trompe pas - avait fini au tribunal. Chill revient sur cet épisode - Ce n'est pas la première fois pour un groupe de rap que la censure frappe - dans le titre Dangereux du mythique L'Ecole du Micro d'Argent.

Sur cette même face, le titre Au fin fond d'une contrée... Le plus poétique et nostalgique. Malgré la difficulté de sonder la signification exacte des paroles, il raconte ces rêves d'enfant qui se sont évaporés, ces amis - un certain JP - partis trop tôt ou tombés dans la drogue. Le track finit sur une touche positive et sa rencontre avec sa femme Aïcha - une reine d'Orient - qui lui a redonné un peuple d'ombres afin de pouvoir gouverner. Autrement dit: le goût du rêve?

Je tourne la face pour arriver sur le fameux titre La Face B hommage plus que solide à ces fameuses faces qui ont permis aux rappeurs de se lancer. C'est sur la face B que le hip-hop prend de l'ampleur. On y trouvait - plus maintenant, les maisons de disques ne sortent plus de maxis ... - versions instrumentales et a capella. Ainsi MC's et Dj's étaient comblés. Le premier titre sur lequel sévit Akhenaton en 1988 - qui se faisait alors appelés Chill Phill - s'appelle d'ailleurs This is the "B" Side sur un maxi de Choice M.C. Il est présent sur ... la face B bien sûr.

Arrive ensuite Americano précédé d'une mini intro Di polipo, probablement un extrait d'un film italien. Ce titre où le refrain est le sample - assez connu - de Tu Vuo' Fa' L'Americano (1956) de Renato Carossone. L'original, entendu il y a peu sur FIP, vaut son pesant d'or aussi. Dans ce morceau, AKH revient sur son amour inconditionné et démesuré pour les Etats-Unis durant son enfance puis adolescence: Je me nommais Philippe et rêvait de m'appeler Steve.

Pour clore ce billet, le titre D4 Lettre aux hirondelles est un texte que j'avais utilisé au collège quand on nous avait demandé de trouver des textes de chanson sur le thème de la lettre. Ici, c'est une lettre d'un de ses amis qui le remercie d'avoir parlé de leur histoire dans le titre L'Aimant. Texte critique sur ce qui se passe dans les cités: le dénuement, la drogue... Liberté, égalité, si t'as du blé.

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Rédigé par Mathieu C

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Publié le 12 Décembre 2016

Un nouveau type de billet aujourd'hui, je me teste dans la critique musicale. Pour commencer, je ne prends aucun risque: un classique du rap Français des années 1990, le premier album d'Akhenaton.

Voici donc les 3 galettes de Métèque et mat qui vient d'être réédité le 1er décembre 2016. La version originale sortie en 1995 sur 2 vinyles - pour laquelle je n'avais pas encore cassé ma tirelire - vaut environ 160€ sur Discogs. Cela est donc un véritable cadeau de Noël avant l'heure, à seulement 30€.

C'est donc en me promenant dans le quartier de la Croix Rousse à Lyon que je suis tombé sur un petit disquaire bien sympa. Un peu par hasard, cet album est donc aussi un souvenir de ce premier week-end lyonnais accompagné.

La première sensation en faisant tourner la face A à 33 tours/min c'est mais quel plaisir d'entendre cet album sur platine ! Tout est là. Et quoi de mieux que le titre mythique et la mélodie de La Cosca pour profiter d'un son bien au dessus du CD. A nouveau, nous voyageons vers la Sicile. Et nous rappelons à quel point Akhenaton est un maître dans l'art de raconter des histoires dans ses titres (Souvenons-nous L'aimant ou encore Le soldat sur l'album d'IAM Ombre est Lumière précédant celui-ci).

Suit ensuite le titre Le calme comme essence qui passe comme une balade légère. Quel étonnement de trouver en piste 3 J'ai pas de face mais voilà, c'est la magie des rééditions. C'est un morceau qui était sorti après l'album en maxi avec une face B fameuse: Rien à perdre avec le Rat Luciano en featuring (Je devrais écrire une bible sur IAM, si un jour je deviens vieux, ce dont je doute avec la vie que je mène). Dans ce titre, AKH se moque de l'arrivée sur les ondes des boys band et autres merdes radiophoniques. Personnellement, je n'ai jamais accroché à ce titre.

Il est déjà temps de tourner le disque et de découvrir la face B. C'est Je ne suis pas à plaindre qui ouvre la danse. Morceau extrêmement touchant où le rappeur relativise ses petites emmerdes avec les grosses d'un jeune malade ou encore d'un enfant pauvre du Maroc qui a passé une heure avec quelques dirhams sur le coeur. Akhenaton a perdu 200 balles à Roissy, Steeve sa vie à 17 ans et demi... Ce genre de titre m'a forgé à mon plus jeune âge.

L'intermède italien La vie de rêve passe en quelques secondes puis arrive le titre éponyme de l'album Métèque et mat. Akhenaton y revendique ses origines -  Je suis un 100% métèque, importé d'un pays sec - comme il le fait, comme jamais, tout au long de l'album. C'est efficace, ça claque. Sur le refrain, il rappelle qui faisaient - et font toujours, même si les origines des métèques ont changé depuis l'arrivée de ses parents - les sales boulots: Pour dix balles, accomplis les tâches et les travaux les plus sales.

Viennent ensuite des notes bien connues de tous. Enfin, je peux écouter Bad Boys de Marseille (Part 2) sur vinyle. Le titre que l'on ne présente plus - enfin peut être à mes élèves ... - qui a découvert et lancé la Fonky Family. C'est un vrai classique.

Je me rends compte qu'il est long de s'étendre sur un si bel objet. Je fais donc une pause ici, et reviendrai vous parler de la suite dans très peu de temps.

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Rédigé par Mathieu C

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